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Sarkolâtre, le président réélu des jeunes UMP assume tout, recours au lipdub comme image de «gentil con».

Le mot claque sept fois en une minute trente, à la radio, sur Beur FM. Les joueurs de l’équipe de France de foot se font traiter de «racailles». Le mot est labellisé Sarkozy depuis un soir de 2005 à Argenteuil. Benjamin Lancar fait dans la mauvaise copie. «C’était juste pour exprimer un dégoût vis-à-vis de cette équipe», assume-t-il. Sans complexes et avec un sourire à s’en péter l’émail.

Par lilian alemagna
A presque 25 ans, ce Parisien tout juste diplômé d’HEC est, depuis 2008, président des Jeunes Populaires, la branche cadette de l’UMP. Après une campagne pleine de dissensions, d’accusations de fraudes et de rumeurs graveleuses, il a été facilement réélu fin août à plus de 78%. Le Graal pour tout Jeune Pop : il aura sa place dans la course au second sacre du chef de l’Etat.

Le garçon donne rendez-vous dans un café du Xe arrondissement de Paris, à deux pas de sa permanence. Il est pressé. Débordé en ce lendemain d’adoubement par ses troupes. Obligé d’interrompre la conversation pour répondre à une interview téléphonique, puis de filer courir les plateaux télés. Il s’excuse, gêné. Donne un nouveau rendez-vous le lendemain. Le costume noir est impeccable. La chemise blanche sans un pli. Les chaussures cirées à l’éclat. Panoplie de «winner».

Il est «naïf» disent certains de ses proches. «Versatile», «influençable», «il n’a pas de parole», taclent ses adversaires. «Il est vachement timide. Pas supersûr de lui en fin de compte», oppose Charlotte Coron, responsable des jeunes UMP (Paris, Xe). La silhouette suggère en effet un manque de confiance. Epaules tombantes, penchées en avant. Bras comme trop longs. Benjamin Lancar dit s’être battu contre sa timidité lorsqu’il était animateur de colonie de vacances et arbitre de foot dès 14 ans. Aujourd’hui, dit-il, il joue de l’étiquette «gentil con» qu’on lui colle, pour rester numéro 1.

«Le mec est surtout un superbosseur», jure Charlotte Coron. Et ça paye. D’abord dans les études : après un bac S mention bien en lycée public à Paris et une année de classe préparatoire, cet adepte de la«valeur travail» finit major aux concours d’entrée de deux des meilleures écoles de commerce. Il choisit HEC puis un master d’affaires publiques à Sciences-Po Paris. Jackpot ensuite en politique : enfant de la Sarkozie, Lancar prend sa carte à l’UMP en 2002, après un «coming out» de droite qui survient au moment des attentats du 11 septembre. Il tombe en adoration devant le premier flic de France : ce Nicolas Sarkozy qui «décomplexe la droite», aime «la réussite» et «attaque le modèle social français». Il crée ensuite l’UMP-HEC, prend la tête de l’UMP-Grandes Ecoles avant d’être désigné, en 2008 et après une campagne «contre les valeurs de Mai 68», chef des Jeunes Pop.

Depuis mars, il émarge au conseil régional d’Ile-de-France, dont il est le plus jeune élu. Outre sa force de travail, «il sait très bien s’entourer», assure son père Charles pour justifier sa réussite politique précoce. «Il a un fonctionnement un peu sectaire, déplore plutôt Aurore Bergé, l’une de ses adversaires en interne. Il ne fait confiance qu’à ses très proches, n’arrive pas à travailler avec ceux qu’il ne maîtrise pas.» «Il s’appuie tout simplement sur ceux qui bossent», renvoie Mickaël Camilleri, membre du premier cercle de Lancar.

Mais le jeune homme a encore des progrès à faire. En tant qu’orateur pour commencer. Il «s’efforce d’apparaître naturel» ? Résultat : de la langue de bois débitée à la tronçonneuse, des «éléments de langage» à l’écho robotique. «En même temps, c’est un peu ce qu’on lui demande», le défend un proche.«Le type récite machinalement une poésie, raille Mike Borowski, autre adversaire interne. Il n’a aucune consistance ou façon de penser propre.» «Il a du talent mais sur les plateaux télés, il est dans ses fiches, il joue la comédie, ajoute Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes Socialistes. Sa réflexion ne va pas très loin, il maîtrise seulement l’art de la répétition.» Et celui du «buzz».

Le buzz, «Benji» en a fait une marque de fabrique depuis deux ans. Benjamin Lancar, c’est le lipdubdes Jeunes Populaires. Ce fameux play-back de militants UMP de moins de 30 ans, qui clament, entourés de ministres lors de leur université d’été 2009 dans les Landes, vouloir «changer le monde».Le tout en se trémoussant sur une chanson de Luc Plamondon. Rigolade assurée entre collègues de bureau. Il s’en fiche.«Maintenant les gens savent ce que sont les Jeunes populaires», dit-il en souriant. Le coup attire les médias et permet d’afficher ses propositions : non-cumul des mandats, cotisations retraites sur les temps de stage étudiants. Bingo.«C’est un mini-Lefebvre, il fait de la provoc en permanence pour servir la soupe à Sarko»,attaque Laurianne Deniaud. Mais comme pour les racailles, Lancar «assume».Quitte à s’éloigner de la culture gaulliste transmise par son père. De fait, le général ne fait pas partie de ses «mentors»,révélés par le site de l’UMP : Finkielkraut, Clemenceau et Danton.

Dernier de trois enfants, benjamin donc, Lancar est né en 1985, douze ans après son frère, huit après sa sœur. Ses parents sont originaires de Tunisie. Sa mère est arrivée à Nice en 1956, son père à Paris quatre ans plus tard. Bébé-Sarko aime rappeler ses «origines modestes» : un grand-père «balayeur dans le métro», un père qui commence par un CAP de plombier pour finir romancier et vendeur de chaussettes pour riches sur un marché du XVIe arrondissement de Paris. Juive, la famille domiciliée dans le XIIe, est peu pratiquante : les grandes fêtes mais pas shabbat. Le garçon prie, «mais pas tous les jours», dix minutes certains matins. «Tout cela a peu d’importance», ajoute-t-il gêné. Idem, de sa vie privée. Il se dit juste «célibataire». «Plus important, estime-t-il, est [son] courage d’être jeune et de droite.»

Benjamin Lancar pense que «demain sera meilleur qu’aujourd’hui» et voue un quasi-culte aux Etats-Unis et à leur libéralisme. Il a déjà passé six mois à Austin, Texas, durant ses études et «rêve» d’outre-Atlantique. Argumentation, en novlangue lancarienne : «Parce qu’il y a ce côté pionnier où, en self-made man, tout le monde peut y arriver en travaillant.» L’optimisme pousse le gamin dans sa prochaine conquête : celle du Xe arrondissement parisien, une forteresse des plus à gauche de France.

Certains le disent«enterré» par des dirigeants UMP soucieux d’offrir un terrain de jeu impossible au petit, sans déranger les grands de la capitale. Benjamin Lancar y voit pour sa part un «beau challenge». «Un combat sur dix-quinze ans. De longue haleine», fait-il valoir. Il a déjà son agenda tout près. Aider François Fillon à conquérir Paris en 2014. Viser une place de député trois ans après. Entre-temps, il envisage de passer l’ENA.

«Il prend tout ça comme un jeu», observe Laurianne Deniaud, chez les socialistes. De fait, Benji Lancar ne craint même pas l’éventuel échec. S’il se fait éjecter de la politique ? Il se verrait bien travailler dans le milieu du football (il supporte le PSG, le site de l’UMP le révèle fan de Youri Djorkaeff… comme de Simon et Garfunkel et de Primo Levi), ou dans la stratégie d’entreprise. «J’ai besoin de challenges permanents. C’est une forme de catharsis», explique-t-il. Prêt à tout, y compris à rejoindre la cohorte de jeunes premiers interdits de cour des grands.

En 7 dates

7 septembre 1985 Naissance à Paris. 2002 Prend sa carte à l’UMP. 2005 Entre à HEC. 2006 Responsable UMP-Grandes écoles. 2008 Désigné président des Jeunes Populaires. Mars 2010 Elu conseiller régional d’Ile-de-France. Août 2010 Reconduit comme président des Jeunes Populaires.

Par Lilian Alemagna

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  1. =]MARKED AS SPAM BY SLIDE2COMMENT[=
    [...] petite vidéo repérée par l’excellente team de L’Humour de droite ! On y voit Benjamin Lancar, fraichement réélu président des jeunes pop (les UMP) qui n’aime rien tant que de [...]



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